Alors que tout se déroulait à merveille… De nombreux éléments poussent à quitter Sydney.
Mon premier est un agacement total de payer près de 20 dollars de parking chaque jour ;
Mon second, à cause d’un anglais approximatif, empêche de travailler en ville ;
Mon troisième est un désir ardent de découvrir l’Australie ;
Et enfin mon tout est que nous roulons déjà vers Kangourous Valley !
Cette vallée, située à 150 kilomètres au sud ouest de Sydney, est d’après les cartes un magnifique parc protégé. De plus, cette région regorge de fermes et d’exploitations agricoles où il sera sans aucun doute plus aisé de trouver un emploi d’appoint.
Kilomètre 100. Nous attaquons enfin une vraie route. Pas de lampadaire, pas de lueur dans le ciel laissant présager une agglomération derrière cette colline… Ça y est, le voyage va enfin commencer !
Un bruit étrange
.
Cet entrechoquement de pièces métalliques que nous entendons s’amplifie. Le Van avance de moins en moins et nous sommes contraints de stopper juste avant le sommet de cette colline, frontière entre rêves et réalité…
Malheureusement le cauchemar ne fait que commencer. Nous sortons de l’habitacle horrifiés par cette opaque fumée blanche qui s’échappe de sous nos sièges, mais je redoute bien plus de voir ce que j’entends. Le « doux » son que provoque un liquide qui coule à flots sur le bitume. Juste le temps de prendre ma lampe frontale, je suis déjà couché parterre à contempler avec horreur ce que je craignais : le moteur recrache ses dernières gouttes d’huile…
J’hurle au fond de moi ! Je suis en colère car je sais ce qu’il s’est passé. Mais je ne comprends pas car j’avais vérifié tous les niveaux avant le départ… Et là, plus d’eau dans le radiateur, plus de refroidissement pour le moteur, il chauffe, chauffe, et casse…
J’ai vérifié les niveaux bons sang ! Elle est passé où cette « foutue flotte » !! Par contre, là où je m’en veux terriblement, c’est de ne pas avoir eu constamment les yeux rivés sur l’aiguille de température comme j’ai toujours eu l’habitude de faire… Tellement heureux de regarder enfin droit devant sans se poser de questions…
Mon sang boue et doit-être encore plus chaud que la flaque d’huile qui jonche le sol. Mais j’arrive à ne pas exploser à mon tour, sans doute terrassé par l’horrible sort qui vient de s’abattre sur nous.
Dans notre malheur il nous reste un peu de chance. En effet, notre Van « Lumpy » (nous l’avons baptisé comme ça) a décidé de s’échouer devant l’entrée d’une ferme, et les propriétaires rentrent à l’instant de la ville. Nous faisons donc la connaissance dans le noir complet (il est 21h) de Sue et de ses deux enfants Stuart et Jessica. Stuart, vingt trois ans, se propose d’appeler pour nous l’assistance qui est heureusement comprise dans la garantie d’un an du vendeur.
Alors pendant les dix minutes où j’ausculte le Van en long en large et en travers, Laetitia et Stuart s’entretiennent avec une personne à l’autre bout du fil qui clôture l’appel par un « rappelez demain matin et allez à l’hôtel cette nuit »… Sue, avec toute sa gentillesse, nous propose de tracter « Lumpy » près de leur maison pour passer la nuit en toute sécurité.
La nuit porte conseils… En ce qui me concerne elle m’a apporté reproches et insomnie… Je n’ai pas cessé de réfléchir au pourquoi du comment. Et j’ai fini par comprendre que lorsque je regardais le niveau d’eau, et bien je ne regardais pas au bon endroit… Juste à coté du radiateur, il y a un magnifique vase avec les seuils min, max et est rempli à ras bord d’un liquide bleu transparent comme du liquide de refroidissement. Mais apparemment rien à voir avec le niveau réel dans le radiateur ! Donc pour s’assurer du bon remplissage du radiateur, il faut le remplir… Pas de niveau visuel. Grosse erreur de ma part d’avoir cru que ce réservoir, avec pourtant du liquide de refroidissement dedans, m’indiquait ce que je voulais savoir…
Mais là où je m’en veux le plus c’est de n’avoir pas surveillé l’aiguille de température. J’aurais immédiatement vu cette chauffe anormale, j’aurais immédiatement stoppé le véhicule pour constater qu’il manquait de l’eau et ainsi nous aurions évité la casse…
Laetitia semble étrangement sereine et dort profondément… il doit-être au moins trois heure du matin…