Et si le hasard n’existait plus…Mauvais réveil à cause du dur retour à la réalité. Les garagistes ouvrent à 9h et nous avions convenu avec Sue d’appeler l’un d’entre eux pour une éventuelle dépanneuse… Mais je n’aime pas avoir affaire à ce genre de personne et je préfère toujours me débrouiller seul. Donc avant d’appeler, j’ai envi de vérifier quelque chose.
Je rassasie Lumpy d’eau. Le niveau d’huile ? Juste le minimum, ça suffira pour ce que je veux faire. Etonnant… hier le carter était complètement à sec…
Je respire un grand coup et tourne la clef que je viens d’introduire dans le néman. Le moteur démarre au quart de tour… pas de bruit suspect… Je n’arrive pas à y croire… j’éteins ce si précieux moteur de malheurs et je réunis le maximum de neurones qu’il me reste pour réfléchir un moment. Il tourne sans problème, sans bruit, donc pas de casse. Hier soir nous avons dû juste « serrer » à cause de la surchauffe du moteur : ce qui n’est pas irréversible comme une casse moteur.
Alléluia ! Par contre, le joint de culasse doit être complètement hors service. Il faudra quand même faire un tour chez ces messieurs les garagistes pour vérifier cela. Mais nous allons pouvoir rouler en surveillant bien les températures : Pas de dépanneuse !
Sue nous propose de nous emmener chez le mécanicien. Nous n’aurions eu aucun mal à trouver, mais elle préfère que nous la suivions en cas de problème avec notre van. Elle ajoute ensuite qu’elle pourra expliquer mieux que nous notre « problème ». Elle a parfaitement raison et nous acceptons en la remerciant infiniment.
Diagnostic du professionnel : Le joint de culasse est en parfait état. Pas de fumée dans l’eau et pas d’eau dans l’huile… Je lui demande de regarder sous le van pour voir d’où s’est échappée toute l’huile qui recouvre l'entrée de la ferme… Parce que pour moi, quand un moteur perd toute son huile d’un coup c’est soit qu’il y a un gros problème soit qu’un joint quelconque est mort… Il s’exécute mais ne voit pas qui est l’affreux coupable. Qui a bien pu souiller d’huile ainsi tout le bas moteur ? Il nous propose Lundi à la première heure un examen plus approfondis prétextant que nous voulons faire le tour de l’Australie avec. Laetitia était déjà partante bien avant ce problème pour une révision du Van et je suis plutôt pour car je voudrais bien qu’on m’explique…
Va pour Lundi matin.
Nous sommes Vendredi et nous devons passer le Weekend. Sue nous propose sa ferme bien entendu, (incroyable comme les gens sont serviables ici, nous n’en revenons pas !). Nous ne voulons ni gêné, ni être gêné, nous refusons donc aimablement. Direction Bombo Beach qui, d’après Sue, est un merveilleux endroit à dix kilomètres de là. Merci, merci, merci, et encore merci Madame Sue qui nous laisse une carte très détaillée du coin! Elle n’aura pas volé son bouquet de fleurs celle là.
Effectivement, l’endroit est magnifique ! La mer est juste là, à la fenêtre de Lumpy qui n’a ni consommé d’eau, ni consommé d’huile pour venir jusqu’ici… Pas de surchauffe, il a fonctionné comme une horloge… Entre parenthèses nous nous sommes garés sur une place vierge de toutes traces suspecte sur le sol… Je pense que vous comprenez aisément pourquoi…
Au programme dans l’immédiat… Un peu de Bodyboard ? Avec joie, les vagues ne sont pas trop grosses et bien formées pour Laetitia. La vie est belle, il fait beau, l’eau est translucide et le moteur n’est pas cassé !!!
Au petit matin, après une douce nuit réparatrice et dépourvue de tout cauchemar, nous ouvrons le rideau de la fenêtre arrière. Tout en restant confortablement couchés, nous pouvons ainsi admirer le somptueux paysage qui s’offre à nos yeux. Un phare d’un blanc éclatant surplombe la dernière colline verdoyante qui s’enfonce dans la mer.
La mer est calme mais une gerbe blanche vient perturber l’homogénéité de son bleu si profond. Qu’ai-je bien pu apercevoir ? Est-ce un mauvais tour joué par mes yeux qui ne sont pas encore adaptés à la vive luminosité ambiante ? Non !! Dans l’agitation la plus total, je pointe du doigt les deux Baleines qui traversent la baie cinq cents mètres au loin. Laetitia les voit à son tour et de larges sourires se dessinent sur nos visages…
Pas de traces sous le van, le weekend débute sous de bons augures.
Nous décidons de parcourir le sentier qui longe les falaises de la baie. Cette petite promenade sous un soleil de plomb nous emmène jusqu’au déjeuner, et les belles vagues de l’après midi m’invitent à me jeter à l’eau… 16h, nous quittons les lieux pour Gerringong et sa plage WerryBeach situé à vingt kilomètres plus au sud.
Pendant ce court trajet, je crois que nous n’avons à aucun moment cligné des yeux : certainement la peur de rater l’un de ces magnifiques tableaux que la nature s’efforce de peindre depuis tant d’années.
Le compté de Gerringong semble être un véritable petit paradis. C’est beau… c’est calme… L’endroit est truffé de petites aires avec pelouses, tables de pique-nique et barbecues électriques en libre service. Royal pour passer la nuit. De plus, les commodités sont souvent accompagnées de douches. Que demander de plus ?! Ah oui, de l’eau chaude ?! Mais ce n’est qu’un détail comparé à la perfection de tout le reste, une bonne soupe pour le diner et c’est parti pour le gros dodo…
C’est dimanche et nous sommes réveillés par les allés et venus incessants des résidents qui partent et reviennent de leurs randonnées matinales sur la côte. Il est 9h30, il est l’heure de se lever.
Le temps est grisonnant mais peu importe, je monte sur cette petite dune pour vérifier l’état de la houle. Stupéfaction ! Je cours vers notre studio à quatre roues et hurle à ma petite femme : « Cette fois ce sont des Dauphins !!! » Quelques secondes plus tard je suis déjà sur ma planche, appareil photos en main et me délecte du spectacle… Ils viennent jouer dans les vagues à seulement dix mètres de moi… J’en suis désolé mais les mots ne suffisent plus pour décrire ce que l’on ressent quand Dame Nature vous offre un tel présent… Cherchant à ne surtout pas déranger, je n’ai en aucun cas tenté de m’approcher plus que ce que les Dauphins me le permettaient. Je suis sorti de l’eau au bout de quelques minutes seulement. Ne jamais prendre plus de ce que l’on vous donne est une règle d’Or chez moi.
Le reste de la journée est pluvieux voir même cataclysmique aux vues des averses que nous avons dû affronter. Nous avons encore aperçu des Baleines au loin, dont certainement un Bébé qui sautait et claquait la surface de la mer de ses « petites » nageoires.
Il commence à se faire tard et nous reprenons la route sous des trombes d’eau pour passer la nuit à Bombo Beach. De ce fait, nous serons plus prés le lendemain pour amener le van chez le garagiste. Pour la petite anecdote, nous avons pris ce soir là la douche la plus froide et la plus vivifiante de tout notre début de vie. Dehors c’est la tempête, il pleut encore et toujours… La douche est à l’extérieur… « Prem’s » à la douche !! Hors de question que l’un attende en plein vent pendant que l’autre se rince ! Ahhhhhhhhhhhhhhh que c’est dur !!!! Une fois n’est pas coutume, et au nom de la plaisanterie, Laetitia a eu droit à un « Sexy Car Wash » de 3 secondes sur le pare brise complètement gelé ! Nous voilà maintenant tout beau tout propre pour la soutenance de Lumpy du lendemain.
Diagnostic de l’expert : rien, niete, nada… que-dalle quoi !!! Le mécanicien à l’air encore plus étonné que moi… Ce Van est magique… Et je commence sincèrement à trouver la tournure des événements très étranges… Moi, en bon cartésien que je suis j’ai toujours cru au hasard. Mon « hasard fait bien les choses » se transformera t’il en « il n’y a pas de hasard ? » Sans cet arrêt forcé pas de Baleine, pas de Dauphin ! A vous de voir…
Nous avions dit que nous souhaitions partir dans les terres pour trouver du travail… Mais nous retournons à Gerringong. Pourquoi ? Nous ne le savons pas encore… Toujours est-il que sur la route, nous nous arrêtons pour acheter des cannes à pèches et le permis qui va avec.
Nous voici déjà sur la plage, pieds et hameçons dans l’eau à espérer deux poissons pour le repas du soir. Les deux seules « choses » que nous avons réussi à attraper sont Lenny et sa femme Sue (encore une Sue !). Ils étaient là, à chercher des vers pour la virée en mer du lendemain… Ils ont engagé la conversation et de fil en aiguille nous nous retrouvons effectivement en mer le lendemain sur un bateau six places… Je ne le répéterais jamais assez, mais pour le moment, les australiens que nous avons rencontrés sont d’une gentillesse incroyable !! Ce genre de chose n’arriverait jamais en France je pense…
Ces deux personnages d’une soixantaine d’années sont excellents !! Toujours en train de rires des âneries de Laetitia qui me lance sans vergogne des appâts dans la figure… Elle payera ne vous en fait pas… La vengeance est un plat qui se mange bien glace!
Baleines à tribord !!!! Elles sont là !!! Lenny approche le navire doucement de ces géants pour ne pas les troubler. Deux adultes qui claquent l’eau de leurs nageoires et le « petit » qui s’amuse à les imiter et à sauter presque complètement hors de l’eau. D’après Lenny, ces mammifères communiqueraient entre eux de cette façon… Il faudra que je révise mes cours de sciences naturelles mais je ne suis pas convaincu par cette hypothèse…
Plus loin dans la baie nous jetons l’encre et c’est une grosse pèche variée qui débute. Dorades, Jackets, Roussette, Barracuda (Baaraacuudaa !!) et Rougets. Lenny mesure chaque poisson et rejette les trop petits.
Quatre autres Baleines viennent à notre rencontre. Étrange d’après le Capitaine car elles n’entrent que très rarement dans la baie. Elles sont là. Une poignée de mètres nous sépare et en levant leurs gigantesques nageoires, elles semblent nous souhaiter la bienvenue… Quoi dire et quoi faire de plus qu’admirer et rejoindre Laetitia qui est aux anges… Nous n’entendons que les puissants souffles de ces Êtres si beaux, si grands et pourtant si fragiles face à la stupidité de l'homme…
Cet instant restera gravé à jamais dans nos cœurs et dans nos esprits…
Nous terminons cette merveilleuse journée chez nos formidables compères. Ils nous invitent à diner… Snif ils sont trop bons ! Au programme : bière, bière, poissons et bière sur fond de U2 à un volume à la limite du raisonnable pour le voisin de l’autre coté de la ville ! Excellent de voir Mamie Sue chanter à tue-tête « With or without you » !!! Nous les quittons le cœur très lourd… Notre glacière est également très lourde, Lenny a pris soin de la remplir de filets de poissons et de glace. « Two days maaaximuuum !!!! ».
Nous voilà sur la route en direction de Tumut, petite ville à deux cent cinquante kilomètres de là…
Ce Van est magique…
Photos sur
www.laetitiasylvain.unblog.fr
PS : Nous commencerons prochainement à travailler dans une contrée très retirée… Donc pas de nouvelle bonnes nouvelles